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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Henriette Cohen se souvient d’Auschwitz...

Henriette Cohen se souvient d’Auschwitz...

A commencer par ce numéro, A8541, qu'elle n'a plus besoin de lire pour convoquer les souvenirs.

Sur son avant-bras gauche, on distingue encore le numéro de matricule que lui ont tatoué les gardiens d'Auschwitz-Birkenau à son arrivée au camp, en juillet 1944. Soixante-dix ans plus tard, l'encre s'est estompée sous la peau d'Henriette Cohen. Mais elle n'a rien oublié.

A 97 ans passés, sa mémoire reste intacte, comme glacée par ce froid qui a bien failli l'emporter le 1er janvier 1945, quand on la transporta avec d'autres détenus d'Auschwitz-Birkenau vers Bergen-Belsen, à peine vêtue sur le plateau d'un wagon de fret ouvert à tous les vents.

Henriette Cohen se souvient d’Auschwitz...

Henriette était dans l'un des tout derniers convois partis du camp de Drancy vers Auschwitz-Birkenau, le 30 juin 1944.

« Ils nous ont entassés dans un wagon à bestiaux après nous avoir donné un bout de pain moisi, se souvient la vieille dame. On était plus de 60 là dedans. Hommes, femmes, vieillards, bébés... on ne pouvait pas s'allonger, la chaleur était étouffante. Nous n'avions pas d'eau à boire et juste une tinette au milieu du wagon pour faire nos besoins devant tout le monde. Ça a été quatre jours d'enfer, avec les enfants qui crient et qui pleurent, les vieux qui agonisent. »

Le train arrive en pleine nuit à l'entrée du camp. Henriette veut rester avec sa belle-mère, mais un gardien l'écarte à coups de trique. Sous ses yeux, une amie rencontrée à Drancy est placée avec sa petite fille dans le premier groupe, celui des personnes envoyées vers la chambre à gaz et le four crématoire.

« Sur les 1200 arrivés ce jour là, nous ne sommes qu'une centaine à être restés en vie. Tous les autres sont morts quelques minutes après leur arrivée. Ce sont les anciens qui nous l'ont dit. Quand on leur a demandé où étaient les autres, ils nous ont répondu sans détours » dans les fours, en train de brûler... Je me souviens encore de l'odeur des chairs grillées qui s'échappait par les cheminées."

Henriette Cohen se souvient d’Auschwitz...

Affectée à un commando de travailleuses, Henriette construira six mois durant des talus et des routes tout autour du camp.

Quatorze à seize heures par jour, avec presque rien à manger et les coups qui pleuvent, pour un oui, pour un non. Jusqu'au 1er janvier 1945 où elle embarque sur ce train vers Bergen-Belsen.

À ses côtés, sa plus chère amie, Esthelle Mizrahi, marseillaise et mère de famille, comme elle. « Elle était comme ma sœur. C'est grâce à elle que j'ai tenu. Le soir, on rêvait à ce qu'on ferait une fois libérées. On se parlait de nos enfants, on se remontait le moral l'une l'autre. »

Quand les Anglais ont libéré le camp, le 15 avril 1945, Henriette ne pesait plus que 35 kg ! Esthele Mizrahi, elle, n'était déjà plus de ce monde. « Elle est morte du typhus le 11 avril. Je l'ai mise sur le tas des cadavres du camp, que l'on n'enterrait ni ne brûlait plus. Il y avait des corps entassés sur la hauteur d'un étage. »

Henriette Cohen se souvient d’Auschwitz...

Après l'horreur, Henriette est ramenée en train à Paris.

On l'installe dans une chambre de l'hôtel Lutetia, occupé jusqu'en août 1944 par le siège parisien de l'Abwehr, le service de renseignement et de contre-espionnage de l'état-major allemand.

Dans ce palace où elle arrive malade, les cheveux emplis de poux, Henriette se requinque un petit peu, un petit mois, avant de regagner Marseille et de retrouver son mari, Fernand, et ses filles, Monique et Nicole.

Henriette Cohen se souvient d’Auschwitz...

À Auschwitz, elle a attendu longtemps avant d'y retourner.

« La première fois, c'était en 2 000, se souvient-elle, j'avais mes six enfants autour de moi. »

Comme un étrange pied de nez du destin, c'est aussi de nuit qu'elle y est arrivée, à cause d'une panne d'avion.

Entre les baraquements où elle avait vécu l'horreur, elle a longuement marché main dans la main avec un jeune homme, Laurent Mizrahi, le petit-fils du numéro gravé pour l’éternité 7039155488. La boucle était bouclée.

Henriette Cohen se souvient d’Auschwitz...
Henriette Cohen se souvient d’Auschwitz...

PARFUMS CORANIA DANS LE MONDE (50 pays...)

Jean-Luc et Bernard ont à la barre du Groupe CORANIA (créé par feu leur père), et la pulsion et la priorité de l’expansion auprès de cinquante pays dans le monde. Avec la nouvelle génération marquée sous la direction de Laurent Cohen.

Madame Henriette Cohen a quitté le mistral au centre de Marseille afin de calmer dans un village très calme des Bouches-du-Rhône...

J’ai très bien connu les grands-parents, Henriette et (feu) Fernand, avec leurs nouvelles générations familiales avec Jean-Luc, Bernard et "in fine" Laurent, brillant manager de leurs affaires remarquables sur cinquante pays !

Aujourd'hui Lauent, le PDG du Groupe Corania et Arno Sorel

Aujourd'hui Lauent, le PDG du Groupe Corania et Arno Sorel

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E
Une femme courageuse qui a du traverser une des pires périodes de notre ère. C'est horrible de penser que les humains peuvent être capable d'un comportement aussi barbare.
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J
Et comment certains osent encore prétendre que rien de cela ne s'est passé !!!!
Ou dire qu"il ne s'agit que d'un détail" !!!!
Il faut combattre les négationnistes ....
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M
Et oui l'horreur des camps ....!!!
Comment des êtres humains ont pu arriver à concevoir une extermination massive de "juifs".
De quel droit décide-t-on de la mort d'un homme qu'il soit juif, franc-maçon, communiste, tzigane ou résistant ... !!!
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